{"id":364,"date":"2026-08-24T13:58:32","date_gmt":"2026-08-24T11:58:32","guid":{"rendered":"https:\/\/lhoteldeverre.noosfere.org\/?p=364"},"modified":"2026-08-24T14:10:31","modified_gmt":"2026-08-24T12:10:31","slug":"la-condition-de-lhomme-ningen-no-joken-masaki-kobayashi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lhoteldeverre.noosfere.org\/index.php\/2026\/08\/24\/la-condition-de-lhomme-ningen-no-joken-masaki-kobayashi\/","title":{"rendered":"La condition de l&rsquo;homme (Ningen no j\u014dken), Masaki Kobayashi"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La condition de l&rsquo;homme est une trilogie sortie entre 1959 et 1961. C&rsquo;est, pour la r\u00e9sumer succinctement, la vie d&rsquo;un japonais aux convictions socialistes, superviseur d&rsquo;une mine en Mandchourie occup\u00e9e puis militaire face \u00e0 l&rsquo;avanc\u00e9e sovi\u00e9tique pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale.<br><br>Adapt\u00e9 d&rsquo;un roman en partie autobiographique de Junpei Gomikawa en six parties, La Conditions de l&rsquo;homme suit le m\u00eame d\u00e9coupage, chaque film (de 3 heures environ) \u00e9tant compos\u00e9e de deux parties pour un total de presque 10 heures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Il n&rsquo;y a pas de plus grand amour<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kaji (jou\u00e9 par Tatsuya Nakadai) est un jeune homme id\u00e9aliste et un peu na\u00eff. Afin d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la conscription, il va travailler dans une mine en Mandchourie, ce qui peut peut-\u00eatre lui donner une dispense militaire. Il se marie avec Michiko (Mishiyo Aratama) pour que celle-ci puisse l&rsquo;accompagner. Il d\u00e9couvre alors les conditions de travail dans la mine : des ouvriers chinois surexploit\u00e9s pour atteindre des quotas de production impos\u00e9s par la guerre, des prisonniers utilis\u00e9s de force, trait\u00e9s avec violence par l&rsquo;encadrement japonais. Coups, privation, absence de soin, la mine est plus proche d&rsquo;un univers carc\u00e9ral que d&rsquo;un lieu de travail. Kaji se rebelle contre ces conditions et est rapidement consid\u00e9r\u00e9 comme un rouge, jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;opposer \u00e0 sa hi\u00e9rarchie et \u00e0 la Kenpenta\u00ef, la police militaire japonaise. Il sera puni, violent\u00e9 et envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le chemin vers l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devenu militaire, Kaji s&rsquo;entraine tout en continuant son travail d&rsquo;opposition. L&rsquo;arm\u00e9e japonaise est comme toutes les arm\u00e9es ou presque : insultes, violences, brimades, ch\u00e2timents corporels, les soldats ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s comme des humains mais comme des ressources, menant l&rsquo;un des soldats de l&rsquo;unit\u00e9 de Kaji au suicide. Alors que Kaji et ses soldats sont envoy\u00e9s au front pour creuser des tranch\u00e9es, l&rsquo;offensive russe commence et la plupart des soldats ne survivent pas \u00e0 l&rsquo;avanc\u00e9e des chars russes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La pri\u00e8re du soldat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est maintenant la d\u00e9route. il n&rsquo;y a presque aucun survivant, Kaji trahit ses id\u00e9aux en tuant \u00e0 coup de ba\u00efonnette un soldat russe, il ne lui reste plus qu&rsquo;\u00e0 fuir avec deux autres soldats japonais. la travers\u00e9e d&rsquo;une for\u00eat o\u00f9 ils retrouvent un groupe de civils japonais fuyant aussi se r\u00e9v\u00e8le \u00e9prouvante, la plupart des civils mourant en chemin, et ils finissent par rejoindre un village peupl\u00e9e de femmes et de vieillards, sous occupation russe. Fait prisonnier, Kaji d\u00e9couvre que le pays du socialisme ne traite pas beaucoup mieux des prisonniers et, trahi par un interpr\u00e8te qui d\u00e9forme ses propos, il passe pour un \u00ab\u00a0samoura\u00ef fasciste\u00a0\u00bb aux yeux des officiers russes. Il d\u00e9cide alors de s&rsquo;\u00e9vader dans l&rsquo;espoir de rejoindre sa femme en Mandchourie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si chaque film pr\u00e9sente une facette diff\u00e9rente de l&rsquo;occupation japonaise en Chine (l&rsquo;exploitation, la guerre, la d\u00e9route), ils sont tous les trois aussi durs qu&rsquo;int\u00e9ressant. Kobayashi ne fait pas dans la dentelle et pr\u00e9sente le Japon sous son jour le plus noir : la mine o\u00f9 les chinois sont trait\u00e9s comme des esclaves jusqu&rsquo;aux ex\u00e9cutions sommaires ; l&rsquo;arm\u00e9e o\u00f9 les officiers abusent de violence contre les soldats, o\u00f9 la d\u00e9faite est inimaginable ; les civils et leur mesquineries alors qu&rsquo;ils ont d\u00e9j\u00e0 tout perdu. Le r\u00e9alisateur filme tout cela sans filtre, jusqu&rsquo;\u00e0 son personnage principal, aussi na\u00eff que born\u00e9, qui prend souvent les mauvaises d\u00e9cisions et qui traite sa femme \u00e0 peine mieux que ses subalternes. Les seuls personnages qui semblent d&rsquo;ailleurs mieux s&rsquo;en sortir humainement sont des personnages f\u00e9minins : Michiko, la prostitu\u00e9e du groupe de civil et les femmes du village sous contr\u00f4le russe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Wikipedia nous dit que les films ont d\u00e9clench\u00e9 quelques pol\u00e9miques \u00e0 leur sortie : cette trilogie ressemble en effet aux derniers clous plant\u00e9s dans le cercueil de l&rsquo;imp\u00e9rialisme japonais. Ce sont des films bruts, directs et essentiels pour comprendre ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 ce moment dans cette partie du monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La condition de l&rsquo;homme est une trilogie sortie entre 1959 et 1961. 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