{"id":51,"date":"2025-02-12T16:08:04","date_gmt":"2025-02-12T15:08:04","guid":{"rendered":"http:\/\/lhdv2.noosfere.org\/?p=51"},"modified":"2025-04-21T16:09:07","modified_gmt":"2025-04-21T14:09:07","slug":"je-suis-toujours-la-walter-salles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lhoteldeverre.noosfere.org\/index.php\/2025\/02\/12\/je-suis-toujours-la-walter-salles\/","title":{"rendered":"Je suis toujours l\u00e0, Walter Salles"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"314\" height=\"363\" src=\"http:\/\/lhdv2.noosfere.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Capture_d_ecran_2025-02-12_094450.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-52\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/lhoteldeverre.noosfere.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Capture_d_ecran_2025-02-12_094450.png 314w, https:\/\/lhoteldeverre.noosfere.org\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Capture_d_ecran_2025-02-12_094450-260x300.png 260w\" sizes=\"auto, (max-width: 314px) 100vw, 314px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>En 1971, Rubens, sa femme Eunice et leurs cinq enfants vivent dans une grande maison de Rio de Janeiro en bord de plage. Rubens est un ancien d\u00e9put\u00e9 travailliste, revenu \u00e0 son m\u00e9tier d&rsquo;architecte apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat militaire. Mais il est soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;aider l&rsquo;opposition \u00e0 la dictature et est arr\u00eat\u00e9 ill\u00e9galement ainsi que sa femme et leur plus grande fille. Eunice et sa fille sont lib\u00e9r\u00e9es au bout de quelques jours, mais Rubens ne r\u00e9apparaitra jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Histoire vraie de la vie (et de la mort) de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rubens_Paiva\">Rubens Paiva<\/a>, arr\u00eat\u00e9, tortur\u00e9 et tu\u00e9 quelques jours apr\u00e8s par les militaires (son corps n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9),&nbsp;<em>Je suis toujours l\u00e0<\/em> s&rsquo;attache aux cons\u00e9quences de sa disparition sur sa famille.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;une grande pudeur, le film n&rsquo;est pas l\u00e0 pour nous montrer les exactions militaires : pas de sc\u00e8nes de torture, seule la s\u00e9quence de questions que subit Eunice est pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran. Mais il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de nous en montrer plus pour comprendre : le transport vers le centre de d\u00e9tention secret (les membres de la famille sont cagoul\u00e9s), les quelques cris que l&rsquo;on entend suffisent \u00e0 nous faire comprendre les m\u00e9faits de la dictature.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film s&rsquo;attarde plut\u00f4t sur la vie bris\u00e9e de cette famille, ce p\u00e8re qui n&rsquo;est plus l\u00e0, les mensonges et les non-dits que doivent tenir Eunice et sa fille pour ne pas inqui\u00e9ter les enfants plus jeunes, mais aussi tout simplement le manque d&rsquo;argent provoqu\u00e9 par la suppression du seul salaire de la famille et le retour aux \u00e9tudes d&rsquo;Eunice pour pouvoir reprendre un travail.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9coup\u00e9 en trois p\u00e9riodes distinctes, d&rsquo;abord 1971 et la disparition de Rubens, puis 1995 o\u00f9, apr\u00e8s le retour du Br\u00e9sil \u00e0 la d\u00e9mocratie, celui-ci est enfin d\u00e9clar\u00e9 mort, enfin dans les ann\u00e9es 2010 dans une derni\u00e8re s\u00e9quence peut-\u00eatre superflue ou Eunice, atteinte d&rsquo;Alzheimer,&nbsp; est entour\u00e9e de ses proches, le film montre que cette famille ne s&rsquo;est jamais r\u00e9ellement remise de cette disparition, que les blessures inflig\u00e9es par une dictature ne se referment jamais compl\u00e8tement.<\/p>\n\n\n\n<p>Film d&rsquo;une force et d&rsquo;une douceur remarquables, \u00e9vitant les effets gratuits, ancr\u00e9 au contraire dans le r\u00e9el par l&rsquo;utilisation de s\u00e9quences en super-8, <em>Je suis toujours l\u00e0<\/em> est un t\u00e9moignage m\u00e9moriel puissant sur ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9, sur ce qui peut toujours revenir (et pas seulement au Br\u00e9sil). Remarquons enfin un casting impeccable, port\u00e9 par Fernanda Torres formidable dans le r\u00f4le d&rsquo;Eunice, femme \u00e0 la fois forte et fragile, d\u00e9couvrant de la pire mani\u00e8re les actions justes de son mari (remarquons au passage que comme souvent, si les hommes agissent pour ce qu&rsquo;il leur parait juste, leurs femmes et leurs familles en paient aussi les cons\u00e9quences) et qui au lieu de se refermer sur elle-m\u00eame apr\u00e8s cette effroyable s\u00e9quence se mettra au service de la population autochtone br\u00e9silienne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1971, Rubens, sa femme Eunice et leurs cinq enfants vivent dans une grande maison de Rio de Janeiro en bord de plage. Rubens est un ancien d\u00e9put\u00e9 travailliste, revenu \u00e0 son m\u00e9tier d&rsquo;architecte apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat militaire. 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