
Au cas où vous ayez raté la bande-annonce qui spoile le principal twist du film, un résumé du début garanti sans gâchis : Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord.
Adaptation du roman d’Andy Weir, Projet Dernière chance a tout du blockbuster réussi : tout tourne autour de Ryan Gosling, de son vaisseau spatial et de sa mission (sauver le monde, évidemment). Gosling oblige, le personnage, malgré ses défauts, est plus sympathique que dans le roman et incarne un mélange de naïveté, de complexe de l’imposteur et de gentillesse. Le film joue la carte de l’humour gentil et de l’optimisme, un mélange plutôt rafraîchissant à l’époque des films de super-héros cyniques et des dystopies. Suivant de près la trame du roman, en réduisant juste les parties les plus scientifiques, le film prend régulièrement de nouvelles directions qui ne manqueront pas de surprendre les personnes n’ayant pas lu le roman. Le résultat est certes un peu long (plus de 2h30), mais l’alternance des scènes d’action et de celles plus intimistes évite l’ennui. On appréciera la bande-son, évitant toute musique pompeuse à la hans Zimmer et utilisant intelligemment le silence et on notera les nombreuses références à d’autres films de SF (2001, rencontre du 3e type et quelques autres).
On appréciera aussi la présence de Sandra Hüller dans un rôle très différent de ses précédentes prestations (la supposée meurtrière d’Anatomie d’une chute et l’épouse de Rudolf Höss, le commandant d’Auchwitz dans La Zone d’intérêt).
Projet dernière chance n’est pas un chef-d’œuvre et nécessite (tout comme le roman) de suspendre bien fortement son incrédulité, mais c’est un film agréable, optimiste et sans méchanceté qui permet de passer un bon moment. C’est déjà beaucoup pour un blockbuster.