
Nagasaki, 1964 – A la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel. Le film suit l’amitié puis la concurrence entre Kikuo et Shunsuke sur plusieurs décennies, chacun connaissant la gloire et la chute.
Disons le tout de suite : le scénario est terriblement classique. Les frères ennemis, qui se fâchent, se jalousent puis se réconcilient, on est guère surpris par les rebondissements. Ce n’est pas grave, nous ne sommes pas vraiment là pour cela, mais plutôt pour voir la relation de ces deux personnages au Kabuki, cette discipline théâtrale japonaise créée au 17e siècle, où les acteurs au jeu spectaculaire sont grimés et où les personnages féminins sont interprétés par des hommes. Et là, nous sommes gâtés : les scènes de théâtre sont nombreuses et particulièrement réussies. Des sous-titres nous présentent l’intrigue des pièces nous permettant à nous, occidentaux ignares, de comprendre ce qu’il se passe. Les deux principaux acteurs, Ryo Yoshizawa et Ryusei Yokohama, se sont entrainés pendant un an et demi et leur performance est impressionnante. Le premier montage du film durait plus de quatre heures et si le réalisateur dit avoir eu du mal à descendre en dessous de trois heures, cela se sent uniquement par la densité de ces trois heures : aucun temps mort, on est capté par le film d’un bout à l’autre sans voir le temps passer. Le Maître du Kabuki est une formidable introduction au kabuki, visuellement superbe et remarquablement interprété. Précipitez-vous, on ne peut que regretter qu’il passe dans aussi peu de salles françaises.