
Un ancien étudiant en art organise ce qu’il pense être un gros coup : dérober quatre tableaux au musée d’art de sa ville. Le cambriolage se passe bien mais la suite va vous étonner.
Quatrième film de Kelly Reichardt que je vois et à chaque fois un thème totalement différent : des portraits de femmes dans une petite ville du Montana (Certain Women), un western avec un couple masculin (First Cow), quelques jours de la vie d’une artiste avant son exposition (Showing Up) et enfin ce vol de tableau réalisé par un loser magnifique. Mais tous ces films ont deux points communs : ils sont centrés sur les personnages et sont filmés avec lenteur. Kelly Reichardt (également scénariste de tous ses films et monteuse d’une partie) prend le temps de nous faire connaître les gens qu’elle filme, des gens ordinaires qui essayent juste de s’en tirer le moins mal possible.
Dans The Mastermind, James a tout pour avoir une bonne vie : il est issu d’un milieu aisé, a fait des études d’art, sa vie de famille qui semble rouler tranquillement. Mais il est juste câblé de travers et quand il décide de voler des tableaux plutôt que d’avoir un travail honnête, tout ce qu’il fait se passe mal et il agit sans penser aux conséquences sur lui-même et surtout sur ces proches. Tout cela suffirait à faire un bon film, mais tout autant que l’histoire de James, c’est le contexte historique que mets en valeur la cinéaste : cette Amérique où Nixon est président, fracturée en deux par la guerre du Vietnam, habitée par les jeunes qui y vont ou qui manifestent contre, par les vieux qui ne comprennent pas ce qu’il se passe et traitent de lâches ceux qui s’opposent à la guerre. Reichardt nous montre cette histoire subtilement, d’abord en fond, puis le fait rejoindre l’intrigue dans une scène finale inattendue et rejoignant la vie absurde de James. Servi par la prestation impeccable de Josh O’Connor, The mastermind est un film brillant d’un bout à l’autre.