Le héros de Berlin, Wolfgang Becker

Micha Hartung, un cinquantenaire paisible gérant d’un videoclub, voit débarquer un journaliste à la veille des 30 ans de la chute du mur. Celui-ci a découvert dans les fichiers de la Stasi que Micha, en manipulant un aiguillage en 1984, a envoyé un train de Berlin-est vers berlin-ouest, permettant à ses passagers de fuir la RDA. Micha devient ainsi, grâce à l’article en une de l’hebdomadaire, le héros qui a lutté contre la dictature. Mais la réalité est tout autre : c’est par accident qu’il a provoqué l’erreur d’aiguillage. Embarqué malgré lui dans la gloire et devant les retombées financières, il n’ose pas dire la vérité.

Wolfgang Becker (décédé pendant le tournage) avait déjà connu un certain succès avec la comédie Goodbye Lenin ! où en 1989 une famille cachait la chute du mur à leur mère communiste sortant juste du coma suite à un infarctus pour éviter qu’elle en fasse un second. Le héros de Berlin tourne encore autour de l’ancienne RDA et de son héritage. Sous des airs de comédie où l’Allemagne réunifiée se fabrique sur mesure un personnage glorieux, le film se moque gentiment du pouvoir des médias et de l’hypocrisie du pouvoir actuel, mais n’en oublie pas pour autant de nous rappeler ce qu’était la RDA : un régime de surveillance généralisé jusqu’au sein des familles. Et c’est dans ces moments, quand Micha comprend pourquoi sa femme l’a quitté, que le film sonne le plus juste. Le héros de Berlin n’est pas parfait : certains personnages sont caricaturaux, l’acteur principal (Charly Hubner) semble un peu trop jeune et le film a plutôt un rythme de téléfilm ; mais, tout comme Goddbye Lenin !, c’est une comédie efficace et juste sur l’un des bouleversements récents les plus importants de l’Europe.

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