
Dans l’Angleterre du 15e siècle, un ménestrel doit intervenir pour divertir les invités (des notables) d’un banquet à l’occasion de la Saint Godric. Mais le troubadour annoncé tombe subitement malade et il est remplacé au pied levé par un autre à l’étonnant sobriquet de Mother Naked. Celui-ci leur raconte alors les histoires d’un village voisin et des conflits de personnes ayant conduit à sa désolation. Histoires étranges, puisque les invités du banquets y apparaissent les uns après les autres, dans des circonstances peu glorieuses, voire accablantes.
J’avais énormément aimé le premier roman de l’auteur, « Ironopolis » où il nous racontait le déchéance d’une cité ouvrière anglaise à la fin du siècle dernier. Changement complet d’ambiance et d’époque avec ce roman historique nous décrivant l’exécution d’une vengeance longuement préparée. Entrecoupant son récit de paraboles, distillant des piques de plus en plus vives alors que les convives sombrent dans l’alcool, le récit de Mother naked est une attaque en règles des puissants de l’époque aussi bien laïques que religieux, mais aussi des comportements minables de toute la population : jalousie, corruption, règlement de compte… L’histoire de Mother Naked est un récit implacable, où l’humour froid du narrateur renforce l’horreur des faits. Glen Jams Brown est décidément très doué !