hurlevent, Emerald Fennell

Ok, c’était un peu pervers de ma part d’aller voir ce film, les bande-annonces promettant un niveau de kitsch assez exceptionnel. Mais elles étaient en dessous de la réalité.
Tout d’abord, en plus d’être une adaptation « moderne », c’est une adaptation très partielle du roman d’Emily Brontë. Exit l’ouverture avec Mr Lockwood et la tempête de neige, remplacé par une pendaison, dont le son (qui arrive avant l’image) imite un acte sexuel. On est ainsi prévenu dès le premier plan que l’on fait dans la finesse. Exit aussi toute la deuxième partie du roman qui se déroule 12 ans après, le film se termine avec la mort de Catherine. On a donc un film qui ne décrit que la relation entre Heathcliff et Catherine et qui tente de nous faire passer cela pour une romance.

Côté visuel, cela oscille entre une imagerie ultra-gothique (Hurlevent coincé dans des roches, filmé dans le sang, la saleté et les couchers de soleil) et la mièvrerie acidulée disneyienne (la demeure somptueuse des Linton (des fleurs, des rubans, des domestiques en livrée, des couleurs pastels ou criardes). Côté action, la romance frôle le vaudeville, le tout entrecoupés de porn SM chic. On sombre totalement dans une scène où Isabella, attachée à une laisse avec un collier pour chien, aboie et fait le beau pour son maître. Il ne reste pas grand chose de la noirceur permanente de l’œuvre originale et seules les quelques rares passages où elle remonte à la surface grâce aux dialogues permettent de retrouver son esprit (“He’s more myself than I am. Whatever our souls are made of, his and mine are the same.” évidemment).

Je ne peux que conclure par une citation d’un chroniqueur sur le site letterboxd : « Emily Brontë est morte de tuberculose il y a 177 ans mais cette adaptation est la pire chose qui lui ssoit jamais arrivé ».

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