
Julian Skar est un vieux peintre qui n’a plus rien produit depuis 30 ans. The Christophers, du nom de son amant-modèle de l’époque, est sa dernière série de toiles inachevées, stockées dans le dernier étage de sa maison. Ses enfants (qu’il déteste) n’ont qu’une envie : vendre ses tableaux pour gagner beaucoup d’argent. Mais il faudrait qu’ils soient terminés ! Alors ils embauchent Lori Butler, une peintre fauchée mais douée, officiellement comme assistante de leur père, officieusement pour terminer les œuvres à la place de Julian..
Après un film de maison hantée (Presence, pas terrible) et un d’espionnage (The Insider, remarquable) l’année dernière, Soderbergh revient avec une comédie anglaise, pourtant scénarisé par un américain, Ed Solomon (qui fut le gendre de John Cleese, ceci explique peut-être le côté très anglais du film).
L’histoire est simple et classique : un vieil homme blanc cynique et réac face à une jeune femme noire, les deux sont manipulés par des descendants avides ; la situation se retourne et tel est pris qui croyait prendre. Tout tient alors dans le jeu du couple d’acteurs : Ian McKellen fait le vieux bougon cynique et esseulé avec un talent incroyable tandis que Michaela Coel lui fait face dans un jeu tout en retenue. Les deux fonctionnent ensemble parfaitement, alternant scènes fortes et moments plus intimes où leur fragilités apparaissent. On se régale alors de leur duo alimenté par des dialogues particulièrement réussis, se moquant en chemin du marché de l’art contemporain et de la télé-réalité. Plus proche du théâtre filmé que du cinéma (la quasi-totalité du film se passe dans la maison du peintre), The Christophers n’est certes pas le meilleur film de Soderbergh mais on y passe un très bon moment et on y rit beaucoup grâce à un formidable jeu d’acteurs. C’est déjà beaucoup.